Par Evie23 Avr. 2021

Chino kaki et chino sable : L'étape du tissage

10 avril, la neige tapisse encore les sapins et les crêtes. Les arbustes recouverts de neige ressembleraient presque à des fleurs de coton. Bienvenue dans les Vosges.  62000 salariés dans le secteur du textile se répartissent entre la région Rhône Alpes et les Vosges. La maison Tenthorey est installée ici depuis 1904. 47 personnes mettent en avant leur savoir-faire sur les 50 métiers à tisser et les 3 ourdissoirs qui meublent les lieux. Le fil arrive ici sur des petites bobines. Et si on devait faire très simple, on vous dirait que les petites bobines, deviennent de grandes bobines, qui elles, passent dans un bac de colle avant d’être séchées et placées sur un métier à tisser pour obtenir le produit final : le tissu.  Mais comme on n’aime pas faire simple et qu’on vous raconte tout, on vous explique.

Ne perdez pas le fil

On va reprendre à la petite bobine. Ici, les bobines arrivent par palettes entières. Elles sont composées de coton, coton bio ou lin pour la plupart. Pour tisser la gabardine de notre chino, le fil que l’on trouve sur les bobines est en coton biologique. 7200 bobines ont été nécessaires pour la concevoir.

On se trouve ici à la première étape de la fabrication, il s’agit dans un premier temps de dévider les bobines de fils. Elles sont placées une à une sur l’ourdissoir qui peut contenir jusque 620 bobines ourdies en même temps. Cette étape que l’on appelle l’ourdissage va permettre de préparer la chaîne (le fil qui se trouve sur la longueur du tissu). Le fil de chaque bobine est tiré par rangée jusqu’à des crochets. L’ensemble des fils attachés aux crochets sont ensuite enroulés autour d’une immense bobine.

 

L’encolleuse s’en mêle

L’encolleuse entre en jeu, les fils sont trempés dans des bains de colle naturelle à base de fécule de pomme de terre et d’eau (comparable à de la colle pour tapisserie, si vous êtes bricoleur(se)s). Une étape importante qui permet de « renforcer la solidité du fil qui sera soumis à des tensions » comme l’explique Yves Dubief, dirigeant de l’entreprise et président de l’Union des industries textiles. Encollage, séchage, encollage puis séchage, le procédé est répété deux fois.

Les métiers à tisser entrent en scène

Dans la salle de tissage le bruit est plus incisif, bien loin du calme des autres salles du bâtiment. Dans celle-ci, le baromètre affiche un taux d’humidité de 70% pour une température de 22°, des conditions optimales pour pouvoir manipuler le coton.

Il existe ici, deux types de machines à tisser. Le métier à tisser, technologie à lances qui tourne entre 400 et 650 coups par minute et le métier à jet d’air « le fil est porté par un jet d’air comprimé, cela nécessite d’avoir une matière propre », précise le directeur (un fil lisse et lourd) qui tournent jusqu’à 1000 coups à la minute fréquemment utilisé pour les armures simples en coton. C’est la technique utilisée pour tisser la toile du chino sable et kaki.

De manière générale, les fils plus lourds conviennent mieux aux métiers à tisser à jet d’air que les fils plus légers. Cest au cours de ce processus de tissage que le fil de chaîne et de trame donnent vie à la toile qui nous permet de confectionner à la main vos futurs chinos. 

A la sortie du métier à tisser, un néon vient permettre de visiter (vérifier qu'il n'y ait pas d'imperfections) une première fois le tissu.

Contrôle qualité

La pièce tissée est ensuite levée, pour être contrôlée sur dimmenses tables de visite, « les visiteuses » qui permettent grâce à un système déclairage (comme pour les radios) de détecter les imperfections. Bon, autant vous le dire, la nôtre est nickel. Le tissu est ensuite mesuré avant de rejoindre latelier de confection. 

Direction Maxéville. 

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