Dao : Passé, présent, futur

[ENTRETIEN] J’ai retrouvé Davy pour un entretien dans le Grand Atelier, il livre son sentiment sur l’année qui vient de s’écouler et parle du futur de Dao. De patron à employé, de collaborateur à collaborateur, confidences. 

Quel regard portes-tu sur cette année ?
Pour être honnête, cette année n’a pas été évidente.  Professionnellement, beaucoup de monde a été éprouvé, il a fallu faire preuve d’agilité et de manière presque forcée, il était nécessaire de sortir de sa zone de confort. Ce que l’on a réussi à faire, non sans mal. D’abord, dans l’effort général et aussi dans la façon de manager. Il fallait faire preuve d’une grande humanité dans une situation où l’urgence devait primer. Au fond de moi je pense et j’espère ne pas me tromper, ne pas avoir manqué d’humanité.

 

L’usine de masques a ouvert ses portes. Et avec le recul, j’ai envie de dire, heureusement que l’on a fait tout ça. Premièrement, cela a permis de créer une équipe et des sensations communes. Je pense à Ipek, Agathe, Anne-Sophie, Romain, Mathieu, Léo (qui ont participé à la production de masques cet été) quand je leur dis usine, ça leur rappelle des sensations.

 

C’est une ambiance assez étrange qui mêle productivité et nécessité. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce sont des personnes qui sont restées. Dans un contexte de crise, j’ai parfois été très dur mais ils se sont accrochés. Ce n’était pas parfait mais nous avons réaliser en très peu de temps ce que personne en Lorraine n’avait fait. Cela est venu confirmer la bonne santé créative et managériale de Dao, et dans le même temps favoriser sa  visibilité.
Désormais, l’important est d’être en phase avec l’équipe, c’est un défi au quotidien pour mes collaborateurs et pour moi.

 

Plus de collaborateurs, un atelier plus grand, une augmentation de la production, cela redessine forcément ton rôle au sein de Dao. Comment te positionnes-tu par rapport à ce rôle de manager ?

 

J’essaie d’avoir un regard extérieur sur l’équipe, sur moi-même et de structurer notre façon de travailler, ma pensée afin de la délivrer de manière précise. Donner le sens du vent,  c’est ce que l’on attend de moi. C’est à la fois terrifiant et satisfaisant, ce rôle te met en face de toi-même. Lorsque tu te dis, « ici j’ai été mauvais » tu dois réfléchir à comment faire pour être meilleur. Il faut réussir à trouver des solutions pour le « mieux de la marque/entreprise».

 

Je suis conscient que ce n’est évident pour personne. L’équipe est jeune et en cela, j’essaie aussi de la « préserver » d’une certaine forme de pression que je me mets et ainsi ne laisser filtrer que la bonne motivation. J’ai besoin et envie que mon équipe prenne conscience de la chance que nous avons de travailler ainsi et à la fois de la grande responsabilité qui incombe à chacun.
Je souhaite que les personnes qui travaillent avec moi donnent ce qu’elles ont toujours eu envie de donner en travaillant dans une entreprise. J’essaie de faire sortir les idées que les membres de l’équipe peuvent parfois garder pour eux. J’ai entendu l’autre jour à la radio, « si un jour vous voulez faire quelques choses de grand, c’est à New-York qu’il faut-être ». Je dis non. Tout est possible, même ici, en France.

 

Justement, vers quoi veut tendre Dao ?

 

Je ne sais pas la finalité de la construction de Dao. Je fais en fonction des personnes qui font le chemin avec moi. Je veux voir une inspiration créative. Arrêter de voir petit, arrêter de se dire que les choses sont impossibles. Je préfère qu’on se dise, c’est ambitieux mais si on m’aide, nous pouvons y arriver.
Véritablement, c’est nouveau et pour 2021, il faut que l’on apprenne à marcher avant de courir. Il faut faire de bons lancements de produits et faire en sorte que nos clients soient satisfaits de ce que l’on produit et propose. Travailler avec une équipe ambitieuse, c’est finalement le principal. J’ai envie de développer des choses pertinentes respectant l’ADN de cette entreprise et  de conserver cette ambiance de travail.

 

Peux-tu la décrire ?

 

Libre. Mais sans être déconnectée d’objectifs financiers. L’un ne va pas sans l’autre. L’argent est un outil un peu comme une machine.  Nous devons réussir à allier réussite commerciale et également réussite de culture d’entreprise. Cette année je veux aller vite et dans beaucoup de choses, car il y a plus de monde derrière et plus de projets. Il faut tout tenter, ensemble, pour faire aboutir les projets que nous nous sommes fixés.

 

Si tu devais projeter Dao dans le futur, ça serait ?

 

Mon modèle, c’est ce que l’on est en train de créer. Pendant des années on a entendu « fabriquer en France, c’est cher ».  Mais est-ce que ces personnes y ont vraiment réfléchi ? Ils ne voient qu’un prix sur une étiquette. J’ai plutôt l’impression que l’on vit dans un monde où les gens choisissent une certaine forme de « facilité » . Je ne fais pas ce choix là.

Fabriquer en France, non, ce n’est pas cher. Alors bien sûr c’est plus cher que de faire fabriquer au Viêt-Nam. Cela demande de l’investissement mais ce n’est pas impossible. On veut tordre le cou à ces idées. On entend beaucoup parler de prix et de rentabilité. J’ai envie de prouver qu’on peut-être droit dans ses baskets, que l’on peut traiter les personnes avec tout le respect qu’elles méritent pour créer des produits.
Mon équipe n’a qu’à saisir les opportunités. On a toutes les cartes en main pour le faire. J’investis sur les talents qui m’entourent aujourd’hui et pour demain.

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